Une grossesse dure bien plus que 9 mois…

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Bon, d’un point de vue purement scientifique, je ne vous apprendrai rien, entre la conception et la naissance, il se passe bien 9 mois environ. Mais en pratique, c’est bien plus long….

L’avant grossesse

On peut considérer qu’une grossesse commence quand l’idée d’avoir un bébé émerge… Entre ce moment là et le moment où l’on apprend qu’on est enceinte, là, cela peut être long, voire très long. Cette période peut être un véritable calvaire pour certains couples (et ils sont nombreux). Les femmes en particulier se remettent en question et dépriment grave… Ils subissent une tristesse personnelle/de couple et surtout la pression de l’entourage avec les éternels :

« Alors c’est pour quand ? »

 » ah, ah, si c’était si facile on aurait déjà 3 enfants » pensent-ils tout bas

Maman de Ouf n’a pas eu de problème pour « tomber enceinte » donc, de ce côté là, je reconnais être hyper chanceuse… J’ai quand même connu cette phase d’attente (redoutable) des ragnagna qui sont le signe – ou non – d’un changement sympathique dans la famille… On attend, on croise les doigts, on espère, et puis, c’est non, ce sera le mois prochain. Courage !

 

L’après grossesse

Donc vous l’aurez compris, il y a cette période du avant… et il y a surtout cette période du APRES. Et c’est de cette période dont je veux vous parler aujourd’hui, cette période appelée Post-Partum. Ah c’est beau le latin… mais en réalité, le post-partum est une période pas facile, une période que je suis en train de subir de vivre, cette période du 10ème mois de grossesse, cette période :

  • Où j’ai encore un ventre de 4,5 mois et que si je me promène dans la rue sans mon nouveau-né, on me dit »Félicitations, c’est pour quand ? » « TA GUEULE, elle a 9 jours »
  • Où l’on me laisse une place dans le bus croyant que je suis prioritaire
  • Où l’on est mal dans sa peau, avec des seins énormes, fuyants, douloureux et où l’on déprime en calculant le nombre de séance de gym et de kilomètres à faire avant de retrouver son corps de jeune fille… Et moi je déteste le sport :-(
  • Où je n’ai plus une minute à moi et pour ma maison et que j’ai une longue (très longue) liste de choses à faire
  • Où j’ai une sale tête parce que je dors peu
  • Où mine de rien, j’ai mal au ventre (rétraction de l’utérus, pour le 3ème, c’est du costaud), où j’ai mal aux seins avec la montée de lait… Où physiquement, je ne suis pas au top :-(
  • Où je me galère à comprendre les besoins de son bébé
  • Où je me galère avec l’allaitement…
  • Où je rattrapes mes « 9 mois sans règle » par des saignements continus…

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Ah, vive le 10ème mois de grossesse ! Mais hormis la liste de désagréments que je viens d’énumérer, le plus dur, pour moi, c’est surtout d’accepter de ne plus sentir le bébé bouger, de ne plus être la complice de tous ses mouvements, d’être séparée de mon bébé, d’avoir perdu ce que je possédais en moi et qui mobilisais toute mon attention… et aujourd’hui, je me sens vide…

Pendant 9 mois, j’étais au centre de toutes les attentions (je précise que je n’étais pas non plus une princesse), « fais pas ci, surtout pas, c’est mauvais pour le bébé », « que tes formes te vont bien »… Bref, tout le monde est aux petits soins pour moi… et puis paf, d’une heure à l’autre, le jour de l’accouchement, tout bascule vers le bébé. Tout le monde vient voir le bébé et la maman est mise sur le banc de touche… La maman ne compte plus et bien que je sois une Maman de Ouf, j’ai du mal à le vivre.

Je me sens « vide »… le petit bébé surprise qui bougeait en moi ne bouge plus (et pour cause, il est dehors)… Je me sens seule, vide, inutile… Ma mission de « porter la vie » est finie, définitivement… Je suis bonne pour attendre la ménopause gentiment à présent.

Les deux premiers jours, je les ai bien vécu, je planais un peu, je n’avais pas conscience de ce qu’il était arrivé mais le 3ème jour, là, j’ai dégringolé, j’ai réalisé, j’ai déprimé… Babyblues, il paraît… Heureusement qu’au Franco-Britannique, les équipes de soignants sont top et que les sages femmes sont là pour t’écouter et te soutenir… ça fait du bien, mais à la maison c’est une autre histoire.

Je suis sortie de l’hôpital le 14 novembre 2015 dans un contexte parisien un peu particulier, le coeur gros, le coeur apeuré. Et là je n’ai fait que pleurer pendant deux jours. Je suis en plein décalage horaire. Depuis deux jours, mes jours ressemblent à mes nuits. Les Petits de Ouf trop contents de retrouver leur maman à la maison faisaient trop de bruit et me sollicitaient beaucoup. Et quand ils voyaient des larmes ou entendaient des sanglots, ils me disaient :

Gaspard et Alban  : « Mais Maman, pourquoi pleures-tu ? »

Maman de Ouf : « Je pleure de joie les enfants, c’est rien ». « Mon coeur grandit pour faire de la place pour Louise »

J’ai pleuré parce que Papa de Ouf m’a offert un bouquet de fleurs, parce que j’ai quitté l’hôpital, parce que j’ai réalisé que c’est la fin d’une étape (la grossesse), parce que mon ainé n’a pas voulu me faire un bisou, parce que je ne sais pas comment je vais m’en sortir les jours prochains avec mes 3 loustics, parce que je panique, parce que… parce que…

Il parait que c’est le babyblues, que c’est normal… mais c’est vraiment un moment bizarre, inexplicable, pas facile à vivre… Papa de Ouf m’a soutenu mais m’a dit « c’est normal, tu as fait cela aussi pour les garçons »… mais je sentais quand même que mes inquiétudes, mon deuil, il s’en fichait pas mal… Papa de Ouf, très attentionné et présent avec moi, était lui content d’avoir sa petite mini poupée à la maison et pouvoir vraiment commencer à jouer son rôle de père. Tout l’avant, c’était plutôt une histoire secrète entre Louise et Moi… et ce n’est pas facile de tourner la page. Rien que d’écrire ces quelques lignes, des larmes coulent…

Et aujourd’hui, alors que Louise de Ouf a 9 jours, je ne pleure plus mais j’ai le coeur qui se serre encore pas mal dès que je pense à la grossesse, dès que je me dis que cela n’arrivera plus, que Papa de Ouf et moi voulions trois enfants, qu’ils sont là et que c’est fini…

Bref, je fais mon deuil des grossesses passées et futures dans un état de fatigue avancé… en pleurant ! Pas facile !

Il parait que l’histoire de Louise de Ouf commence aujourd’hui… Réjouissons nous et séchons les larmes. C’est vrai que maintenant qu’elle est séparée de moi, je trouve en elle un soutien et une aide précieuse. Elle accroche mon regard tout le temps, adapte la position de son corps à la façon dont je la prends et la porte, comme si elle voulait se blottir et qu’elle sentait mon mal-être. Dieu que je l’aime déjà cette petite qui comprend et ressent tout… Elle presse son dos contre mon avant-bras pour être près de moi… Est-ce le syndrome de la petite dernière ?

Louise, aide-moi et je t’aiderai,

Louise, aime-moi et je t’aimerai

 

 

 

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2 thoughts on “Une grossesse dure bien plus que 9 mois…

  1. Je ne suis peut-être pas (et c’est certain) le mieux placé pour en parler (faute d’utérus et tout ce qui va autour :D), mais je dois avouer que ton texte met bien en avant ce que tu dis « Il parait que c’est le babyblues, que c’est normal ».
    J’imagine que la normalité de la chose est due à tout ce que tu listes en début d’article, et même aux autres choses auxquelles tu n’as pas pensé sur le moment. Tellement de choses changent, le corps, l’attention qu’on nous porte qui est déportée vers le bébé, le bébé à gérer, le retour à la maison et de la vie quotidienne…Alors, oui, je pense qu’une forme de blues est normale, un relâchement psychologique aussi quelque part, de se dire que ça y est, bébé est là, tout va bien, plus (ou beaucoup moins) d’inquiétudes pour l’accouchement, sa santé, …
    Et comme tu le soulignes assez justement, c’est la fin d’une période et le début d’une longue autre, mais avec tes deux bouts déjà là tu le sais déjà ;)

    En un sens, pure supposition de ma part, je pense qu’il y a une forme de « deuil » qui est vécue après l’accouchement, d’une période temporaire où tout est différent, et où tout change d’un coup quand bébé arrive.

    • C’est exactement une espèce de deuil à faire… Bizarrement on a tout pour être heureux, le bébé tant attendu est là (enfin!), mais il faut passer à autre chose, à l’étape d’après celle de s’en occuper et de l’éduquer…
      Certaines femmes le vivent mieux que d’autres, mais cela n’est pas une période facile et agréable.

      je rassure mes lecteurs que cela a duré 3 jours et qu’aujourd »hui, je suis très aidée mais que j’arrive à gérer les 3 en même seule ! (Le soir, je suis à plat, mais j’y arrive :-) )

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